Education environnementale : la DREPPNF des Hauts Bassins comme exemple de bonnes pratiques

20171011 123935De passage dans les locaux de la Direction régionale de l'éducation préscolaire, primaire et non formelle (DREPPNF) des Hauts Bassins le mercredi 11 octobre 2017, notre attention a été portée par la verdure du vaste champ biologique de soja et la présence d'un lot de poubelles destinées aux écoles de la région. Pour en savoir plus, le Chef de service environnemental et de l'éducation en matière de population de ladite direction régionale, monsieur Wendengoudi Roger OUEDRAOGO nous livre leurs actions menées.

DCPM : La cour de la direction régionale est fort remarquable grâce à un champ de soja entretenu par votre service. Quelle est la philosophie qui accompagne ce champ bio?
W. Roger OUEDRAOGO (WRO) : Notre philosophie c'est justement faire la promotion de la culture bio; parce qu'on ne peut pas parler de protection de l'environnement sans évoquer tout ce qui rentre en ligne dans la protection du sol. Justement, il faut valoriser les déchets, la fumure organique. C'est comme un champ école. C'est du soja purement bio, que nous sommes en train d'expérimenter. Pendant la saison des pluies, on a invités des élèves et des enseignants ici. Quand ils sont venus, ils ont vu comment procéder à l'épandage de la fumure organique, au semi, la distance entre les poquets et l'entretien. Ce champ n'a pas besoin de beaucoup d'eau. Vous devez constater que sa fait bientôt plus d'une semaine qu'il a plu, mais la verdure est là. Cela est dû justement à l'apport de la fumure organique. C'est vrai que sur le plan rendement il n'y a pas de comparaison avec un champ où on utilise les produits chimiques. Mais là c'est purement du bio et il y a de la qualité. L'objectif vraiment c'est d'en faire une vitrine d'abord. Ensuite, on pourra certainement utiliser les graines comme semences améliorées. Je vous rappelle que le champ est suivi également par un technicien de la direction régionale de l'agriculture.
DCPM : Au cours de l'année scolaire écoulée, vous vous êtes distingués à travers la réalisation d'autres activités ; pouvez-vous revenir sur ces activités?
WRO : D'abord je me dois de remercier les autorités du MENA pour la réalité de la question environnementale. Je pense que le MENA a été le premier ministère à installer les cellules environnementales et on a mené beaucoup d'actions en créant par exemple avec les environnementalistes une pépinière régionale. Au plan des acquis également, on a essentiellement travaillé à assainir le cadre de vie et de travail dans les structures éducatives, à travers le nettoyage au quotidien, l'embellissement, et l'utilisation des poubelles, etc.
DCPM : C'est donc dans ce cadre que vous aviez acquis ce lot de poubelle, quelle est la source de ce don et comment comptez- vous repartir ce matériel ?
WRO : Effectivement, nous avons reçu des dizaines de poubelles qui nous ont été données par le ministère de l'environnement. C'est à l'issu d'un concours inter scolaire que nous les avons reçues et qui consistait à voir comment ces écoles gèrent au quotidien les déchets plastiques. C'est une commission qui a sillonné et qui a évalué ces structures éducatives. Au jour le jour, dans les écoles et les établissements, les enseignants mènent les actions allant dans le sens de l'éducation environnementale. Mais là il fallait formaliser les choses, leur faire prendre conscience, parce qu'il y a beaucoup de volets, hygiène, assainissement, comment est-ce-que les points d'eau sont gérées, comment les toilettes sont entretenues, comment les table-bancs au niveau sont entretenus, etc.
Et pour la répartition de ce matériel, je dirai que c'est à l'issu de ce concours que des écoles ont été primées et ces poubelles sont destinées à accompagner celles-ci dans la gestion au quotidien des déchets plastiques et ordures.
DCPM : Quelles relations peut-on établir entre l'environnement et l'école ?
WRO : Il y a une relation directe car l'école c'est une institution qui est implantée dans l'environnement. Donc cette institution éducative doit d'abord être le phare dans la société. Elle doit promouvoir les bons exemples et les montrer aux autres citoyens.
Lorsque je prends mon sachet d'eau, je fini de boire l'eau, dois-je l'abandonner dans l'environnement ? Je dis non. Il y a des sachets qui périssent plus de 100 ans après. L'école est un véritable vecteur de sensibilisation dans ce domaine. Il ne s'agit pas d'ajouter de nouvelles leçons dans le programme, mais à travers nos pratiques quotidiennes, on peut intégrer les notions environnementales aux apprenants. A travers une phrase de base on peut faire appel à l'environnement et jouer sur la conscience de l'enfant; je peux dire par exemple : papa coupe un arbre vert. Tout de suite lorsque l'enfant découvre cela il est étonné. Pour étudier l'adjectif qualificatif un arbre vert, on attire l'attention de l'enfant sur l'adjectif qualificatif vert. On invite les enfants à une question: est-ce bon de couper un arbre vert. On peut mettre en bas papa coupe un arbre mort et ça interpelle les enfants sur le bon comportement. En ce moment un maître qui enseigne la leçon grammaticale, fait en même temps l'éducation environnementale. Je résume en disant que l'école doit être le fer de lance de ce changement de comportement. Ce n'est pas quelqu'un d'autre qui viendrait le faire à notre place.
En Europe on parle de pollution de l'atmosphère par les gaz d'échappement, etc. Mais chez nous, c'est d'abord la propreté au quotidien, le nettoyage au quotidien. Eux ils ont dépassé cela il y a longtemps. Je pense que c'est étape par étape que l'on va y parvenir !
DCPM: quel est votre plan d'actions au niveau de votre service, concernant le volet environnement particulièrement ?
WRO : Concernant ce volet, notre plan d'action se résume à travers les formations en éducation environnementale destinée essentiellement aux enseignants, aux directeurs d'école et aux partenaires des structures éducatives comme par exemple les APE, les COGES, etc. Nous sommes sans ignorer qu'aujourd'hui l'environnement est une question essentielle de la vie de tous les jours. Et lorsque notre environnement est pollué, tout de suite on ressent les conséquences. Donc, il faut commencer dès le bas âge, au niveau du préscolaire et primaire à donner une éducation environnementale, une éducation qui va interpeler la conscience des enfants, leur faire acquérir de bon comportement dès le bas âge.

Quel appel avez-vous à lancer à l'endroit des autres structures de l'Etat, à l'opinion publique ?
WRO : D'abord à l'adresse des agents des structures étatiques et privées, c'est surtout traduire dans les actes tout ce qui est lié à notre environnement, c'est-à-dire changé de comportement. Aussi, un accompagnement conséquent de ces structures. Au niveau des différentes lignes budgétaires ou budget programme, il n'y a pas de financement en tant que tel. Mais pour cette question fondamentale, on a juste besoin de petits moyens pour nous permettre de nous déplacer et sensibiliser les populations. Pour le reste on peut mobiliser les autres partenaires pour nous accompagner.
Et maintenant à l'adresse des autres composantes de la société, c'est vraiment prendre conscience, parce qu'on protège l'environnement pour nous nous-même. L'impact immédiat se ressent sur notre santé, notre consommation au jour le jour. C'est un appel que nous profitons lancer pour inviter chacun en ce qui le concerne à une prise de conscience.

DCPM/MENA